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06/09/2010
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  Scènes de vie Il y a 103  articles 
L'émetteur ne répond plus

Rien ne va plus pour les jeunes depuis quelques jours à Sidi Aïssa. Il ne s'agit pas d'évoquer ici les éternels problèmes du chômage et de logements, mais beaucoup plus à tout ce qui a trait aux loisirs. Dans le premier cybercafé de la ville, un jeune universitaire eut cette constatation cinglante : « Nous sommes coupés du monde au moment où le village planétaire est une réalité quotidienne qui se vérifie même pour les victimes du Tsunami ». Ce constat part de certains faits qui commencent à empoisonner la vie de tous. La palme revient au téléphone. En effet depuis le début de l'année 2005, des coupures sur le réseau sont enregistrées dans l'après midi. Le propriétaire du même cybercafé abonde dans le même sens : « Au moment où l'ADSL se démocratise partout, ici à Sidi Aïssa, on reste tributaire de la connexion par téléphone et quand la tonalité fait des siennes on n'a qu'à fermer » Et, cela arrive de plus en plus. Il n'est pas rare de voir les cybers baisser le rideau avec les taxiphones qui leur emboîtent le pas. Des journées de travail qui partent en fumée. Ces désagréments sont le lot quotidien des usagers et de ceux qui avaient investi des sommes colossales dans ce créneau. L'activité se tasse et c'est des emplois qui se perdront. Il est donc impossible dans l'état actuel des choses pour les mordus du web de profiter amplement des possibilités qu'offre la toile. Le deuxième problème qui est venu apporter son grain de sel dans cette machine qui n'avance pas, c'est le relais de l'ENTV. Lui aussi tombe en panne souvent. Rien que pour la semaine qui vient de s'écouler plus de quarante heures de coupures. Beaucoup donc étaient privés de télévision pendant ce temps là. Ici, ce n'est pas tout le monde qui a le numérique car à Sidi Aïssa la précarité a atteint des proportions alarmantes et paye le prix de son sous développement économique. Les investisseurs qu'ils soient du secteur privé ou l'Etat par le biais des projets de développement ne se bousculent pas au portillon. Cet émetteur joue avec les nerfs des citoyens et des fois, on dirait qu'il a une conscience individuelle qui lui permet de savoir les moments opportuns où il doit sévir. « Il choisit bien son timing » nous dit un fana du foot ball, avant d'ajouter : « Oui , quand il y'a un match important ou une compétition, il se rappelle à notre bon souvenir en nous privant d'images ». Aucune solution n'a été encore trouvée à ce problème de relais. Et, pour compléter ce tableau peu reluisant, la SONELGAZ a entrepris depuis le début de l'année des travaux sur ses grandes lignes. Ces travaux se déroulant essentiellement les week ends. Les jeudis et les vendredis sont devenus des journées moroses et insupportables car les coupures durent du matin au soir. Beaucoup se demandent quand est ce qu'on verra ici le bout de ce long tunnel de l'ennui ?

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



Quel rôle pour les retraités

Le secteur de l'éducation nationale compte beaucoup de retraités malgré le renouvellement incessant des générations et le remplacement des départs par une jeunesse motivée et compétente. Mais selon un ex- directeur d'une école primaire : « On a l'impression que notre tutelle semble ignorer le capital expérience engrangé durant plus d'une trentaine années de carrière et tout le savoir faire qu'on pourrait mettre au service des nouvelles recrues et des élèves qui décrochent en cours de route par accumulation d'échecs ». Voilà les premières récriminations sont lâchées et malheureusement la réalité confirme les dires de ce cadre à la retraite. Après la cérémonie d'adieu dédiée en grande pompe à celui qui a passé sa vie à instruire des générations entières, c'est l'oubli total et la marginalisation. Beaucoup d'entre eux avec les quels « le Courrier d'Algérie » s'est entretenu disent « appréhender » ce moment du départ définitif, qu'ils considèrent comme presque fatal. L'inactivité qui guette la plupart d'entre eux leur fait peur et au même interlocuteur d'ajouter : « Tout le monde est au courant des difficultés que connaissent les élèves dans leur majorité en lecture et en écriture et je pense que c'est là que nous devons intervenir pour aider les enseignants à dépasser ces écueils ». Son constat part d'une réalité que tous les enseignants vivent au quotidien. Ainsi, ces deux matières et dans les deux langues sont de véritables bêtes noires et donnent le tournis. Les handicaps dans ces deux matières s'accroissent et il n'est pas rare de trouver des lycéens qui ne sont encore qu'au stade du déchiffrage. Un professeur d'enseignement secondaire confirma le constat de son collègue en disant : « Comment dans ces conditions demander à nos lycéens de traiter des sujets philosophiques, de mathématiques ou de sciences naturelles, c'est quasiment mission impossible ». Tous les retraités interviewés sont unanimes à déclarer qu'on doit revoir le fonctionnement quotidien des écoles, des collèges et des lycées. Tout cela part d'une idée simple qui consiste à ouvrir les infrastructures scolaires après les heures de classe et faire appel aux compétences et au savoir faire de ces cadres, en constituant des groupes d'élèves très restreints qui seront pris en charge individuellement en répondant aux demandes spécifiques de ces enfants. Cette méthode a été expérimentée dans nombreux pays développés et semble donner des résultats probants. Nos retraités sont prêts à relever ce défi, il suffit seulement à la tutelle de prendre les problèmes liés à l'échec scolaire à bras le corps. Au moment où l'on se tourne vers la qualité et l'élévation du niveau toutes les bonnes idées et les bonnes volontés doivent être prises mises à contribution.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



Le calvaire des retraités

C'est le même scénario qui se répète chaque mois au moment de percevoir les pensions venues de France. En effet dés les premières lueurs du matin, c'est une grande procession humaine qui se forme au niveau des banques de Sidi Aïssa. Il en existe deux et selon un vieux retraité qui a encore bon oil et bon pied : « Ce n'est pas suffisant car, c'est tout le monde qui veut être payé dans la journée et je dirai plus, la matinée même ». Les Banques qui doivent faire face à ce flux, gèrent la situation comme elles peuvent et suivant le personnel dont elles disposent et les moyens du bord. Mais en ce deuxième jour de la nouvelle année, la demande a dépassé toutes les prévisions avec plus de deux cents personnes qui étaient agglutinées dans les parages. Ces banques travaillent avec des retraités locaux et de ceux qui viennent des alentours. Ainsi, beaucoup font le voyage et ne veulent pas repartir bredouille ce qui crée ces longues chaînes humaines surtout que les conditions climatiques actuelles faites de froid, n'arrangent pas les choses. Un retraité qui venait de quitter la longue queue déclara : « C'est mission impossible pour cette journée et je ne comprends pas pourquoi tout le monde veut être payé ici et maintenant » Peut être que certains oublient que leur pécule à partir du moment où il a été viré devient disponible à tout moment. Dans ce brouhaha hivernal, il y'a aussi quelques « échangeurs de devises » qui sont à l'affût. Eux aussi, ils brassent des sommes colossales et tirent des bénéfices conséquents de ces transactions. Un retraité veinard qui venait de quitter la banque avec un large sourire au lèvres parle lui : « De la période du pèlerinage à la Mecque qui rend la recherche des devises frénétique » Les échangeurs mettent la pression sur les retraités car ils ont pris des engagements avec des gens venant des grandes villes pour leur fournir des sommes impressionnantes. C'est aussi le moment pour ces retraités de profiter de la conjoncture actuelle qui se traduit par une hausse très significative de « l'euro ». Un nouveau retraité qui ne vient que pour la deuxième fois dans ce monde des longues attentes essaye d'être plus philosophe en affirmant : « Beaucoup des gens que vous voyez dans cette longue procession vont tomber malade à cause des efforts consentis par temps froid et qui restent ainsi sans s'alimenter pendant plus d'une matinée ». Peut être que les nouvelles conditions de vie et la crise ne laissent qu'une petite parcelle à la raison et à la modération. Ces retraités du fait de cette pension perçue en devises sont soumis à rudes épreuves de la part de la famille, des échangeurs et de tout l'environnement. On oublie souvent que ce pécule est venu après une vie de privation et de sacrifices dans une métropole pas toujours hospitalière.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



Les problèmes de l'agence de la cnma

L'antenne de la mutualité agricole de Sidi Aïssa vit des problèmes inextricables selon son ex- responsable local Mr : Kouici Nadir. Cet état de fait est à imputer à la tutelle se trouvant à M'sila. Selon une lettre remise au « Courrier d'Algérie », il en ressort que l'antenne située à Sidi Aïssa est marginalisée pour ne pas dire ignorer. D'abord le local affecté à l'antenne se situe dans une ancienne bâtisse coloniale qui date du début du siècle et qui menace de s'écrouler à tout moment. Un procès verbal de constatation de la vétusté des lieux a été dressé par la protection civile pour montrer les dangers qu'encourent ceux qui s'y trouvent. Ensuite la gestion de l'administration est confiée à un seul agent qui ne peut faire à lui seul face à toutes les tâches. Mais, la meilleure illustration donnée en argument par Mr : Kouici est l'indisponibilité des imprimés qui sont nécessaires au bon fonctionnement de l'administration. Cela a engendré la grogne des Fellahs qui ont manifesté leur désapprobation en s'adressant à d'autres agences d'assurance qui offraient de meilleures prestations. Le même responsable rapporte que pendant la période des moissons, l'ordinateur de l'agence est tombé en panne sans qu'il soit réparé ou remplacé. D'autres avatars ont rendu l'agence repoussante, il s'agit entre autres de la suppression de la climatisation. Les frais de fonctionnement de l'agence n'ont été jamais mis à la disposition du responsable local ce qui avait conduit la « Sonelgaz » à couper l'électricité et les « PTT » à faire de même avec la ligne téléphonique. Mr : Kouici continue dans sa lettre à énumérer les griefs contre sa tutelle en ajoutant : « Je ne pouvais pas faire face à ces dépenses en mettant la main à la poche surtout que je sais qu'au niveau du siège de M'sila, je ne serais pas remboursé comme je n'ai jamais été remboursé pour les frais que j'ai engagés en me déplaçant à M'sila à maintes reprises dans le cadre de mon travail ». Pour avoir dénoncé tout ça, Mr Kouici a reçu une notification de licenciement qu'il trouve abusive. Selon toujours ses propos, il a été remplacé par un autre fonctionnaire venant de M'sila et qui ne se présente à l'antenne locale que trois jours par semaine avec une moyenne de présence de cinq heures par jour. Mr Kouici parle lui, lorsqu'il était en poste d'une présence de cinq jours par semaine et de huit heures par jour. Le plaignant qui a adressé des requêtes à toutes les autorités compétentes, espère rentrer dans ses droits le plus rapidement possible. Il considère cette affaire comme une véritable machination orchestrée de M'sila pour le déloger de son poste. Il attend avec impatience l'ouverture d'une enquête administrative qui déterminera les responsabilités de chacun. Le responsable de la CNMA joint par téléphone à M'sila a répondu que la presse était libre de parler de tout et qu'en ce qui le concernait il n'avait fait qu'appliquer le règlement intérieur de l'entreprise dans cette affaire.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain





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