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05/09/2010
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  Scènes de vie Il y a 103  articles 
Le parcours du combattant

L'administration Algérienne est vorace en papiers de tous genres. A Sidi Aïssa, les citoyens viennent de le
constater une nouvelle fois à leur dépend. Croyant qu'ils étaient au bout de leur peine pour prétendre à
un logement social décent, les voilà qu'ils sont sommés de compléter leur dossier initial, par à peu près les mêmes pièces déjà fournies. Un citoyen excédé par cet état de fait nous dit : « On veut tout simplement nous décourager pour éliminer ceux qui
désespèrent vite mais on tiendra jusqu'au bout» Ces nouvelles pièces concernent les conjoints des demandeurs. Il est donc exigé d'adjoindre un extrait du négatif délivré par les domaines et une attestation qui porte la mention que le conjoint est au chômage.
Cela n'a pas découragé les gens dans le besoin. Dès la parution de l'annonce, c'est les domaines et les services sociaux de l'APC qui furent pris d'assaut.
Beaucoup croient que la célérité dans la remise des pièces manquantes augmente les chances de figurer dans
la liste des bénéficiaires. Un demandeur de logement qui attend depuis presque une vingtaine d'années eut
cette remarque pertinente : « On sait que tous les demandeurs de logements à Sidi Aïssa sont des cas sociaux, alors l'administration pour nous départager
invente toutes sortes de pièces nouvelles, histoire peut être d'affiner les classements ». Tenaces comme
des Boudhas, la plupart des citoyens sont déterminés à aller jusqu'au bout de cette aventure. Le même intervenant ajouta : « Vous savez la bureaucratie
fonctionne à l'usure, mais nous on ne va pas lâcher prise, à chaque fois qu'ils demandent des pièces, on
est prêt à les fournir illico ». L'assistance approuva les paroles de celui avec qui ils partagent la même
galère. Mais tout le monde s'accorde sur une chose ici c'est le retard dans la réalisation des programmes de
construction et cela depuis l'indépendance. Les logements ne sont livrés qu'au compte gouttes et les
dossiers ne cessent de s'accumuler. Les services des domaines qui avaient livré durant presque deux mois plus de dix mille attestations de négatif, c'est à
dire un papier qui indique que l'on n'a pas bénéficié auparavant ni de logements ni de lot de terrain, vont se remettre un nouvelle fois à l'ouvrage. Le seul point positif dans ce parcours du combattant c'est lasortie sur le terrain des commissions d'enquête pour
constater la précarité des demandeurs. Cela a donné un petit espoir aux dix mille demandeurs même si beaucoup
reste à faire dans le domaine de la construction des logements.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



Le calvaire des retraités.

C'est le même scénario qui se répète chaque mois au moment de percevoir les pensions venues de France. En effet dés les premières lueurs du matin, c'est une grande procession humaine qui se forme au niveau des banques de Sidi Aïssa. Il en existe deux et selon un
vieux retraité qui a encore bon œil et bon pied : « Ce n'est pas suffisant car, c'est tout le monde qui veut être payé dans la journée et je dirai plus, la matinée même ». Les Banques qui doivent faire face à ce flux, gèrent la situation comme elles peuvent et suivant le personnel dont elles disposent et les moyens du bord. Mais en ce deuxième jour de la nouvelle année, la demande a dépassé toutes les prévisions avec plus de
deux cents personnes qui étaient agglutinées dans les parages. Ces banques travaillent avec des retraités locaux et de ceux qui viennent des alentours. Ainsi,
beaucoup font le voyage et ne veulent pas repartir bredouille ce qui crée ces longues chaînes humaines surtout que les conditions climatiques actuelles faites de froid, n'arrangent pas les choses. Un retraité qui venait de quitter la longue queue déclara : « C'est mission impossible pour cette journée et je ne comprends pas pourquoi tout le monde veut être payé ici et maintenant » Peut être que certains oublient que leur pécule à partir du moment où il a été viré devient disponible à tout moment.
Dans ce brouhaha hivernal, il y'a aussi quelques « échangeurs de devises » qui sont à l'affût. Eux aussi, ils brassent des sommes colossales et tirent des bénéfices conséquents de ces transactions. Un retraité veinard qui venait de quitter la banque avec
un large sourire au lèvres parle lui : « De la période du pèlerinage à la Mecque qui rend la recherche des devises frénétique » Les échangeurs mettent la pression sur les retraités car ils ont pris des engagements avec des gens venant des grandes villes pour leur fournir des sommes impressionnantes. C'est aussi le moment pour ces retraités de profiter de la
conjoncture actuelle qui se traduit par une hausse très significative de « l'euro ». Un nouveau retraité qui ne vient que pour la deuxième fois dans ce monde des longues attentes essaye d'être plus philosophe en affirmant : « Beaucoup des gens que vous voyez dans cette longue procession vont tomber malade à cause des efforts consentis par temps froid et qui restent ainsi sans s'alimenter pendant plus d'une matinée ». Peut être que les nouvelles conditions de vie et la crise ne laissent qu'une petite parcelle à la raison et à la
modération. Ces retraités du fait de cette pension perçue en devises sont soumis à rudes épreuves de la part de la famille, des échangeurs et de tout l'environnement. On oublie souvent que ce pécule est venu après une vie de privation et de sacrifices dans une métropole pas toujours hospitalière.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



L'émetteur ne répond plus.

Rien ne va plus pour les jeunes depuis quelques jours à Sidi-Aïssa. Il ne s'agit pas d'évoquer ici les éternels problèmes du chômage et de logements, mais beaucoup plus à tout ce qui a trait aux loisirs. Dans le premier cybercafé de la ville, un jeune universitaire eut cette constatation cinglante : « Nous sommes coupés du monde au moment où
le village planétaire est une réalité quotidienne qui se vérifie même pour les victimes du Tsunami ». Ce constat part de certains faits qui commencent à empoisonner la vie de tous. La palme revient au téléphone. En effet depuis le début de l'année 2005,
des coupures sur le réseau sont enregistrées dans l'après midi. Le propriétaire du même cybercafé abonde dans le même sens : « Au moment où l'ADSL se démocratise partout, ici à Sidi Aïssa, on reste tributaire de la connexion par téléphone et quand la
tonalité fait des siennes on n'a qu'à fermer » Et, cela arrive de plus en plus. Il n'est pas rare de voir les cybers baisser le rideau avec les taxiphones qui leur emboîtent le pas. Des journées de travail qui partent en fumée. Ces désagréments sont le lot quotidien des usagers et de ceux qui avaient investi des sommes colossales dans ce créneau. L'activité se tasse et c'est des emplois qui se perdront. Il est donc impossible dans l'état actuel des choses pour les mordus du web de profiter amplement des possibilités qu'offre la toile. Le deuxième problème qui est venu apporter son grain de sel dans cette machine qui
n'avance pas, c'est le relais de l'ENTV. Lui aussi tombe en panne souvent. Rien que pour la semaine qui vient de s'écouler plus de quarante heures de coupures. Beaucoup donc étaient privés de télévision pendant ce temps là. Ici, ce n'est pas tout le monde qui a le numérique car à Sidi Aïssa la précarité a atteint des proportions alarmantes et paye le prix de son sous développement économique. Les investisseurs qu'ils soient du secteur privé ou l'Etat par le biais des projets de développement ne se bousculent pas au portillon. Cet émetteur joue avec les nerfs des citoyens et des fois, on dirait qu'il a une conscience
individuelle qui lui permet de savoir les moments opportuns où il doit sévir. « Il choisit bien son timing » nous dit un fana du foot ball, avant d'ajouter : « Oui , quand il y'a un match important ou une compétition, il se rappelle à notre bon souvenir
en nous privant d'images ». Aucune solution n'a été encore trouvée à ce problème de relais. Et, pour compléter ce tableau peu reluisant, la SONELGAZ a entrepris depuis le début de l'année des travaux sur ses grandes lignes. Ces travaux se déroulant
essentiellement les week ends. Les jeudis et les vendredis sont devenus des journées moroses et insupportables car les coupures durent du matin au soir. Beaucoup se demandent quand est ce qu'on verra ici le bout de ce long tunnel de l'ennui ?

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



Le tronçon de la mort.

Les accidents de la route continuent de façon implacable d'endeuiller des familles entières sans accorder le moindre répit. Sidi Aïssa ne fait pas exception à la règle surtout quand la catastrophe frappe à la veille de l'Aïd. Encore un autre jeune d'à peine dix neuf ans vient d'en faire les frais d'un virage que tout le monde appelle ici « le tronçon de la mort ». Ce lieu à lui seul a creusé des centaines de tombes : un véritable cimetière. Ce passage
dangereux est situé à l'entrée nord de la ville en allant vers Alger sur la route nationale n°8. Au-delà des émotions, les citoyens de la ville se posent la question suivante : A quand un nouveau plan de circulation pour la ville ? Un mécanicien qui en a vu de toutes les couleurs durant sa vie professionnelle donne la réponse suivante : « Je ne vois pas quelle est cette ville qui a un plan de circulation digne de ce nom et qui garantit ses droits au piéton et à l'automobiliste » Avant d'ajouter comme pour apporter une précision de taille : « Au fait au risque de me contredire, je crois qu'il n'y'a que la ville d'Oran
qui a ce plan et on le constate en circulant dans cette grande cité de l'ouest » Donc, avant d'arriver à ce « tronçon de la mort », il faut regarder ce qui s'y passe à Sidi Aïssa et tous les désagréments que subit le citoyen dans cette ville qui ne dort presque jamais
à cause des nuisances sonores et des convois incessants de véhicules de tout genre. Mohamed qui habite à proximité de la route nationale n°8 dans le quartier nord de la ville, nous confie ses angoisses : « Tous les jours je vis avec la peur au ventre pour mes enfants qui sont obligés de traverser cette route en se rendant à l'école ou pour aller
faire des petites courses ou tout simplement quand ils jouent et partent récupérer le ballon sur la route »
En effet là aussi pas mal de jeunes enfants avaient laissé leur vie sur le bitume à cause des chauffards qui confondent l'autoroute et la circulation en milieu urbain. « Ce sont des bolides lancés à des vitesses de rallye et qui empêchent les piétons de traverser même
sur les passages cloutés» Constata un retraité qui prend mille précautions avant de traverser. Pour revenir à ce tronçon de la mort, les citoyens de la ville qui en ont marre de compter leurs morts, appellent de tous leurs veoux qu'on fasse une déviation de cette route qui va éviter Sidi Aïssa. Son trafic ne cesse d'augmenter depuis l'ouverture du
fameux passage par « Tablat » vers Alger. Sans oublier de procéder à des travaux d'élargissement du fameux virage situé à la sortie nord ou de le doubler carrément comme le suggèrent presque tous les usagers.
Il ne faut perdre de vue qu'il existe chez l'Algérien une prise de conscience assez développée des problèmes que posent la route mais les pouvoirs publics doivent
être aussi au rendez vous pour enrayer ce fléau qui coûte tant à la collectivité surtout en vies humaines.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain





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