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06/09/2010
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  Scènes de vie Il y a 103  articles 
Les émeutiers devant la justice.

C'est vers une heure du matin que le verdict est tombé pour les quarante huit prévenus dans les émeutes qu'a connu Ain El Hjel le 16 janvier dernier. Des peines allant de dix huit mois de prison ferme à la relaxe pure et simple ont été prononcées par le tribunal de Sidi Aïssa. Devant une salle comble, le procès a duré plus de dix huit heures. La cour a
entendu les inculpés mis sous mandat dépôt depuis déjà plus d'une semaine. Accompagnés de leurs avocats, ils ont entendu les faits qui leur étaient rapprochés sans
pour autant les reconnaître. Pour rappel les services de l'ordre avaient procédé à l'arrestation de plus d'une centaine de jeunes dont certains sont des mineurs au lendemain des troubles de Aïn El Hjel.
Trente sept d'entre eux ont été mis sous mandat de dépôt et les autres ont été relaxés. Selon des sources policières, les jeunes relâchés sont pour la plupart des étudiants ou des stagiaires. On a tenu compte de la scolarité de ces derniers afin de ne pas les perturber dans leurs études et en plus il n'y' avait pas grand chose à leur reprocher sauf « l'attroupement sur la voie publique ». Les autres qui ont été présentés au juge d'instruction sont accusés de : troubles à l'ordre public, de détention d'armes
blanches et de dégradation des biens publics. Il est utile de rappeler que lors de la journée du 16 Janvier, les émeutiers avaient brûlé le siège de l'APC et selon les informations en notre possession, c'est les services de l'Etat civil qui ont été les plus affectés par ce sinistre. Sans oublier les dégâts subis par le siège de la Daira. C'était donc l'ouverture du marché hebdomadaire de « Sidi Hajrès » qui avait mis le feu aux poudres. Les Habitants de Aïn El Hjel se sont sentis léser dans cette affaire car à terme c'était la mort de leur marché et la disparition avec de certaines activités liées au marché. Ils voyaient dans cette concurrence une provocation et ils ont réagi ainsi. Par contre beaucoup de commerçants de la ville de Aïn El Hjel verraient d'un bon œil le déménagement de ce marché ailleurs car cela relancerait leurs activités que le marché par la diversité des produits exposés a fait diminuer. Leurs chiffres d'affaires ont connu une baisse vertigineuse.
Il faut dire aussi que si les commerçants commencent à se détourner de Aïn El Hjel, c'est qu'ils trouvent des conditions d'accueil plus attractives et moins de taxes à payer. Pour revenir au procès, sur les quarante huit prévenus, un seul a écopé d'une peine de dix mois de prison ferme, un autre de douze mois ferme, treize une année avec sursis, un autre six mois avec sursis et quatorze ont été acquittés. La ville a retrouvé son calme mais dans de pareilles situations c'est toujours le dialogue qui doit primer pour débloquer toutes les situations de crise.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



La neige paralyse la ville.

« Avons nous les moyens dans nos villes de faire face aux intempéries ? » C'est cette question que pose un cadre exerçant dans une société nationale dissoute.
Assurément non selon toujours le même interlocuteur.
On vient de le voir ces derniers trois jours à Sidi-Aïssa. D'abord pendant toute cette période la ville était coupée des grands centres urbains car la fameuse route nationale n°8 a connu des chutes de neige importantes recouvertes tout de suite après par le
verglas ce qui a rendu tout déplacement périlleux et impossible. « Imaginons maintenant un malade ou des malades à évacuer sur Alger pour des soins comment faire et par où va t' on passer ? En continuant sur sa lancée. C'est vrai que le col de Dirah qui est situé à
vingt kilomètres au nord de la ville s'avère un véritable casse tête chinois qui se rappelle au bon souvenir des automobilistes à la moindre chute de neige. Un col long de trois kilomètres et qui se bloque facilement entraînant ainsi la paralysie de milliers de gens sans oublier tous les dommages collatéraux engendrés. Jusqu'à présent aucune solution n'a été trouvée. Un employé des ponts et chaussées que nous avons interrogé sur les stratégies adoptées dans ces cas là, nous répond en disant : « Il existe des chasse neige à Sour El Ghozlane mais le hic c'est de savoir est ce qu'ils peuvent accéder au site aussi
facilement qu'on le croit »En effet, là intervient un autre problème c'est celui de l'inconscience des automobilistes. « Ils préfèrent aller dans la gueule du loups au lieu de prendre leur mal en patience »Renchérit il. Une explication s'impose. Les automobilistes qui sont en général impatient de traverser ce col n'attendent pas en ville par exemple
à Sidi Aïssa que l'on dégage la route mais vont grossir le cortège qui stationne à proximité du col pour pouvoir passer les premiers. Cela se fait en général au mépris de certaines règles surtout quand on est en famille. On oublie que l'on a avec soi des
enfants et des femmes et que plus les attentes durent plus certaines demandes s'aiguisent. Les enfants veulent boire de l'eau, manger un morceau ou veulent se réchauffer, tout cela devient impossible dans cette situation. Beaucoup d'automobilistes sont interpellés
en ville pour ne pas s'exposer au danger mais c'est sans compter sur la ténacité et l'impatience légendaire de l'Algérien, malgré ça ils foncent droit devant eux. Le blocage de la route a influé aussi de façon directe sur la vie quotidienne à Sidi Aïssa avec
la rareté des fruits et légumes qui viennent du nord sans oublier le carburant et le gaz. « C'est pour cela, conclut le premier interlocuteur, qu'il est urgent de doter nos villes de moyens de prévention contre les vagues de froid et d'arrêter pour les communes de mener les politiques de prestiges qui consistent à la réfection tous les ans des trottoirs et à la construction des murs partout sans aucune vision esthétique ».

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



L'eau au compte gouttes.

L'histoire des coupures d'eau et leur inscription dans la durée sont le lot quotidien des habitants de Sidi Aïssa. Le calvaire dure depuis le début des années soixante dix, ce qui fait dire à un citoyen un peu fataliste et excédé par cet état de fait : « Nous
sommes condamnés à porter cela comme une sanction Divine pour expier un quelconque péché commis dans une autre vie ». Ces jours ci l'eau n'arrive qu'une
fois toutes les quinzaines et en quantité insuffisante. « Même si vous avez un château d'eau chez vous, il ne tiendrait pas devant la rareté de l'eau » Renchérit un chômeur qui n'oublie pas de faire une digression sur sa condition sociale qui ne
s'améliore pas malgré toutes les tentatives à s'en sortir. Voilà le rapprochement a été rapide entre le chômage et la pénurie d'eau. La ville donc n'est pas bien lotie et subit les assauts de tous les fléaux.
Ici, les gens acceptent leur sort et n'en peuvent mais. Un Vieux retraité ajouta : « On ira au paradis avec nos saletés ». Pour revenir à l'impossibilité de tenir devant les longues coupures, un citoyen habitant dans un immeuble explique avec colère : « L'épidémia
nous annonce tous les jours par le biais des affiches, il faut économiser l'eau car les coupures risquent d'être longues, mais moi je me demande dans la cage de poule que j'occupe avec mes quatre enfants où vais-je pouvoir stocker l'eau ? Et, si j'ai les capacités de stockage cette eau qu'on nous donne une fois par quinzaine serait elle suffisante à remplir les réserves ? » En effet, il est très difficile même quand l'eau coule de tout remplir pour des problèmes de pression et de frénésie de ne pas louper l'occasion
d'assouvir sa soif. Les problèmes de la rareté de l'eau sont selon les explications que donnent la structure qui gère l'eau liés aux coupures d'électricité et aux pièces de rechange des pompes qui extraient l'eau des entrailles de la terre. Il est bon de rappeler que Sidi Aïssa est alimenté à partir des forages faits à Birine dans la wilaya de Djelfa. C'est à dire que l'eau vient à travers des canalisations qui ont parcouru plus de cent kilomètres. Récemment on a annoncé que des forages avaient été faits dans les alentours de Sidi Aïssa pour réduire la dépendance envers cette lointaine région. Un enseignant qui lisait l'affiche incitant les habitants à l'économie essaye de conclure à sa manière en disant: « Il faut arrêter de nous raconter des histoires avec l'électricité et les pompes car depuis plus de vingt ans on nous ressort toujours les mêmes prétextes, je pense qu'avec un minimum d'intelligence on aurait pu résoudre ses avatars, donc c'est une question de bonne volonté ». Cette bonne volonté existe elle ? C'est toute la question que l'on se pose ici car il est inconcevable de rester sans eau alors que les précipitations d'eau à l'échelle nationale ont atteint tous les records.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain



Mobilis cartonne chez les lycéennes

La nouvelle formule prépaid proposée par « Mobilis » au prix attractif de mille dinars suscite un engouement sans précédent chez les jeunes de Sidi Aïssa. Selon un gérant d’un point de vente de téléphones cellulaires, ce sont surtout les lycéennes qui sont les plus séduites par l’offre. Il n’oublie pas de mentionner que la perspective de remporter une des deux voitures mises en jeu par tirage au sort chaque semaine reste le principal but de l’achat. Il a vu des jeunes venir acquérir le pack sans posséder de téléphone pour insérer la puce. Une jeune fille qui passe son bac cette année nous a déclaré : « C’est Maman qui m’a donné la somme nécessaire pour avoir la puce et j’attends de mon père qu’il m’achète le portable » stratégie qui s’avérera peut être payante pour la jeune fille, quand on sait qu’au marché hebdomadaire de Sidi Aïssa les prix des portables varient de mille cinq cents dinars pour le bas de gamme jusqu’au dernier cri qui peut valoir jusqu’à trente cinq mille dinars. Cette multiplication des offres par les trois opérateurs est une aubaine et les usagers attendent toujours plus et mieux encore.

Par Slimane Aït Sidhoum
Journaliste et écrivain





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